Comprendre son chien : la clé d’une relation harmonieuse
Tous les chiens apprennent. Chaque comportement que votre chien adopte aujourd’hui a été renforcé d’une façon ou d’une autre au fil du temps. Qu’il marche calmement à vos côtés, saute sur les visiteurs, jappe après les écureuils ou revienne lorsqu’on l’appelle, tout comportement existe parce qu’il a une fonction pour lui.
Avant de corriger un problème de comportement, il est essentiel de comprendre pourquoi il se produit.
Comment les chiens apprennent
Le conditionnement opérant est simplement la façon dont les animaux apprennent à partir des conséquences de leurs actions. On le divise en quatre catégories :
- Renforcement positif : on ajoute quelque chose que le chien aime pour augmenter un comportement.
- Renforcement négatif : on retire quelque chose de désagréable pour augmenter un comportement.
- Punition positive : on ajoute quelque chose de désagréable pour diminuer un comportement.
- Punition négative : on retire quelque chose que le chien aime pour diminuer un comportement.
Le principe est simple :
Le renforcement augmente les comportements. La punition les diminue.
La vraie question n’est pas : « Est-ce que ça fonctionne ? »
La vraie question est : « Qu’est-ce que le chien apprend réellement ? »
Pourquoi nous privilégions le renforcement
Le renforcement utilise ce qui motive votre chien : nourriture, jouets, jeux, attention, liberté ou accès à des activités qu’il aime.
Au lieu de punir les mauvais choix, nous enseignons les bons.
Cette approche permet au chien de comprendre clairement ce qu’on attend de lui. Elle développe sa confiance, son désir de collaborer et renforce le lien avec son humain.
Un chien qui apprend par le renforcement ne travaille pas par peur des conséquences. Il travaille parce qu’il comprend le jeu et qu’il y trouve son compte.
Le secret des comportements fiables : le renforcement variable
Une fois qu’un comportement est bien acquis, il n’est plus nécessaire de récompenser chaque réussite.
C’est là que le renforcement variable entre en jeu.
Parfois votre chien reçoit une gâterie. Parfois des félicitations. Parfois une partie de balle. Parfois simplement la permission d’aller sentir un arbre.
Cette imprévisibilité rend le comportement plus solide et plus durable. Votre chien continue de faire le bon choix parce qu’il sait qu’une récompense intéressante pourrait arriver à tout moment.
Les trois D de l’entraînement
Pour réussir dans la vraie vie, un comportement doit être travaillé dans différentes situations.
Nous tenons toujours compte de trois facteurs :
Distance
À quelle distance se trouve le déclencheur ?
Un chien capable d’ignorer un autre chien à 50 mètres n’est pas nécessairement prêt à le faire à 5 mètres.
Durée
Combien de temps peut-il maintenir le comportement demandé ?
Un assis de deux secondes est différent d’un assis de deux minutes.
Distractions
Que se passe-t-il autour de lui ?
Les autres chiens, les enfants, les vélos, les écureuils et les odeurs intéressantes peuvent rendre l’exercice beaucoup plus difficile.
Une progression graduelle est essentielle pour permettre au chien de réussir.
Pourquoi la punition fonctionne
Soyons honnêtes.
La punition fonctionne.
Si elle ne fonctionnait pas, personne ne l’utiliserait.
Le problème, c’est qu’elle ne règle pas nécessairement la cause du comportement.
Les chiens apprennent par association. Lorsqu’un chien reçoit une correction, il ne comprend pas toujours ce qui a causé cette conséquence. Il associe souvent l’inconfort à ce qu’il voit ou vit au moment même où la punition survient.
Un chien puni lorsqu’il regarde un enfant peut commencer à associer les enfants à quelque chose de négatif.
Un chien corrigé lorsqu’il réagit à un autre chien peut développer encore plus d’anxiété envers les autres chiens.
La même chose peut se produire avec les hommes, les vélos, les planches à roulettes, les voitures ou tout autre élément présent dans son environnement.
Le comportement peut sembler disparaître, mais l’émotion qui l’alimente est souvent toujours là.
Qui profite vraiment de la punition ?
Souvent, c’est l’humain.
Comme humains, nous avons naturellement envie que les comportements indésirables aient des conséquences. Lorsqu’un chien nous dérange, nous voulons qu’il « paie » pour son mauvais comportement.
C’est une réaction très humaine.
Mais les chiens ne réfléchissent pas en termes de justice ou de vengeance.
Ils réfléchissent en termes d’associations et d’émotions.
La punition peut nous donner l’impression d’avoir repris le contrôle de la situation, mais elle n’enseigne pas nécessairement au chien ce qu’il devrait faire à la place.
Notre objectif n’est pas de faire taire le chien.
Notre objectif est de lui apprendre à faire de meilleurs choix.
Apprendre à lire son chien
Les chiens nous parlent constamment.
Le problème, c’est que nous ne les écoutons pas toujours.
Bien avant de grogner, de japper ou de mordre, un chien nous envoie souvent plusieurs signaux indiquant qu’il est stressé, inquiet ou inconfortable.
Par exemple :
- Se lécher les lèvres
- Bâiller
- Tourner la tête
- Éviter le regard
- Montrer le blanc des yeux
- Se figer
- Aplatir les oreilles
- Changer la position de sa queue
Comprendre le langage corporel permet d’intervenir avant qu’une situation ne dégénère.
Peur ou instinct de prédation ?
Tous les comportements problématiques ne sont pas motivés par la même émotion.
Les comportements liés à la peur
Certains chiens réagissent parce qu’ils ont peur.
Ils jappent, grognent ou tirent simplement parce qu’ils essaient de créer de la distance avec quelque chose qui les inquiète.
Ces comportements se travaillent en augmentant la confiance du chien et en modifiant progressivement son association avec ce qui lui fait peur.
Les comportements liés à l’instinct de prédation
D’autres comportements sont liés aux instincts naturels du chien.
Poursuivre un écureuil, un chat, un lapin ou un vélo n’est généralement pas un signe de peur. C’est souvent l’expression d’un instinct de chasse normal.
Dans ces cas, nous travaillons davantage le contrôle des impulsions, la gestion de l’environnement et l’enseignement de comportements alternatifs.
Pour aider un chien, il faut d’abord comprendre ce qui le motive.
Les chiens souffrent souvent en silence
L’une des idées les plus dangereuses en entraînement est de croire qu’un chien qui ne se plaint pas est nécessairement heureux.
Les chiens peuvent souffrir longtemps sans pleurer, sans gémir et sans montrer de signes évidents de détresse.
Lorsqu’un chien vit du stress chronique, de la peur, de la douleur physique ou des méthodes d’entraînement trop coercitives, il peut finir par s’éteindre émotionnellement.
Il devient calme.
Il cesse d’explorer.
Il cesse de proposer des comportements.
Il semble obéissant.
Pourtant, ce calme apparent peut cacher un profond mal-être.
Certaines personnes croient alors que le chien a enfin appris.
En réalité, il a parfois simplement abandonné.
Un chien épanoui est curieux.
Il joue.
Il explore.
Il communique.
Il participe activement à sa vie.
Notre objectif n’est jamais de supprimer la personnalité d’un chien.
Notre objectif est de l’aider à s’épanouir.
La méthode d’entraînement que vous choisissez change tout
La méthode utilisée pour entraîner votre chien influencera bien plus que son comportement.
Elle influencera sa confiance.
Son bien-être émotionnel.
Sa capacité à apprendre.
Et surtout, la relation que vous construirez ensemble.
L’entraînement ne devrait jamais être basé sur la peur.
Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le chien comprend ce qu’on attend de lui, se sent en sécurité et prend plaisir à apprendre.
Parce qu’au final, un bon entraînement ne consiste pas seulement à créer un chien obéissant.
Il consiste à créer une relation fondée sur la confiance, la compréhension et le respect mutuel.